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Le témoignage de Corinne, Konnectrice

Portrait de Corinne, konnectrice Kodiko à Tours.

Découvrez le témoignage de Corinne, konnectrice à Tours

Corinne Delisle est une bénévole bien investie chez Kodiko à Tours : elle est konnectrice ! Elle a accompagné deux de nos participantes réfugiées Ismène et Myzejene dans leurs projets professionnels. Nous lui avons posé quelques questions sur son aventure Kodiko.

Un grand merci à elle pour son engagement et son partage d’expérience ! On espère que cela suscitera des vocations :)

Pouvez-vous vous présenter ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de rejoindre l’aventure Kodiko ?

“Je m’appelle Corinne Delisle, je travaille dans l’industrie, la soudure plus précisément. Par le biais de mon travail et de voyages personnels, j’ai été dans plusieurs pays, dont certains avec beaucoup de misère, de problèmes … J’aime voyager pour rencontrer les populations locales, voir comment les gens vivent, pouvoir dialoguer avec eux, découvrir leur mode de vie.Je voulais m’investir dans le bénévolat et mon choix s’est portée sur l’association Kodiko qui s’accordait bien avec cela. Ça m'intéressait de rencontrer et d’aider des personnes qui ont fui leurs pays, d’échanger sur nos cultures respectives, nos façons de penser, etc.“

Quel était votre rôle de konnectrice ?

“En principe, mon rôle de Konnectrice est d’aider les binômes à fonctionner et leur apporter un soutien, des réponses, grâce aux informations données par l’équipe Kodiko ou éventuellement via mes précédentes participations. Un konnecteur c’est le trait d’union entre le binôme et Kodiko. En réalité j’ai été un peu au-delà de mon rôle de konnectrice, parce que les akompagnateurs n’ont pas pu être suffisamment présents, pour des raisons de déplacement ou autre."

Sur quoi s’est porté votre accompagnement avec Myzejene ?

“Le projet de Myzejene était de devenir aide-soignante. Dans son pays, elle avait un diplôme de psychologue, mais ce diplôme n’est pas reconnu en France. On a alors demandé une attestation de comparabilité pour justifier son niveau scolaire, et pour pouvoir accéder à des formations. Ensuite c’est son binôme salarié qui a fait la démarche de se renseigner sur les formations proposées et quelles étaient les modalités d'inscription. Pour être aide-soignante, il y a en fait deux écoles sur Tours : nous avons donc récupéré ces dossiers et nous sommes allées aux portes ouvertes de ces deux formations pour voir ce qu’elles proposaient en détail. Ensuite nous avons monté un dossier auprès des deux organismes de formation, pour espérer avoir au moins une réponse positive.“

Avez-vous rencontré des difficultés, et comment les avez-vous surmontées ?

“Au cours de cette démarche, nous avons été confrontées à un problème de titre de séjour qui devait être valable sur toute la période de la formation or celui de Myzejene s’arrêtait avant. Etant en période de Covid-19, les administrations étaient fermées au public… Sans son titre de séjour, Myzejene ne pouvait ni postuler à la formation, ni continuer son travail, elle travaillait un petit peu en tant qu’agent de nettoyage. Donc nous nous sommes démenées pour réussir à obtenir les coordonnées de quelqu’un au sein de la préfecture et obtenir un titre de séjour en urgence afin qu’elle puisse faire ses dossiers d’inscription. Ensuite, nous avons eu de la chance, elle a été prise à la formation qu’elle souhaitait, et donc depuis septembre elle est en formation à l’IRFSS - La Croix-Rouge !”

Êtes-vous toujours en contact avec Myzejene ?

“Oui, nous avons sympathisé. Nous avions fait une partie du chemin, je n’allais pas l'abandonner après la fin du programme Kodiko, on risquait de perdre ce qui avait été fait en s’arrêtant en cours de route ! Alors j’ai décidé de ne pas m’engager à la session suivante, pour pouvoir continuer de suivre Myzejene et finir de mettre le projet sur les rails. Je suis donc toujours en contact avec elle ! J’essaie de la voir régulièrement, notamment pour l’aider en informatique car ses cours se font majoritairement en distanciel à cause du Covid”

Avez-vous aussi suivi un autre participant ?

“En parallèle, j'ai aussi accompagné Ismène, une participante qui voulait devenir soudeuse. Il y a même eu un article dans la NR sur son parcours ! Elle a fini sa formation et a obtenu son diplôme. Je l’ai accompagnée la semaine dernière dans une entreprise que je connais pour un test de soudage dans l’objectif d’une embauche éventuelle. Il s'avère que le test n’a pas été satisfaisant. Mais on lui a proposé de suivre un complément de formation au sein de l'entreprise avec une possibilité d’embauche derrière.”

Qu'attendez-vous de Kodiko et qu’est-ce que cela vous a apporté finalement ?

“Quand j’étais à l’étranger, les gens là-bas m’ont montré comment ils vivaient, ils m’ont parfois accueilli chez eux. Je trouve ça intéressant de rencontrer des étrangers, de rendre la pareille, en leur montrant un petit peu comment nous vivons en France. L’action Kodiko passe par le dialogue, alors nous discutons également de comment ils vivaient dans leur pays d’origine.
Il y a évidemment aussi le fait de se sentir utile, de venir en aide à des personnes en difficulté. Et puis je suis contente d’essayer de redorer l’image de la France auprès de ces personnes, parce que c’est vrai qu’ils/elles rencontrent parfois des gens qui ne sont pas agréables et je ne veux pas que ce soit ce qui reste dans leur esprit. Je tente de leur expliquer pourquoi l’administration française est si complexe, en les aidant dans leurs démarches. Pour moi, c’est important de leur montrer qu’en France, comme partout, il y a des gens bien, des gens qui sont prêts à les aider !”

Quel a été votre meilleur souvenir avec Kodiko ?

“Obtenir une formation est une belle récompense, et c’est arrivé pour Myzejene et pour Ismène. Avec Myzejene, nous nous sommes aussi bien battues pour l’obtention de son titre de séjour, même si au début je n’y croyais vraiment pas. Nous étions vraiment heureuses quand on nous a annoncé qu’on pouvait venir le chercher : cela lui permettait de continuer à travailler et de commencer sa formation ! Par la suite, Myzejene m’a invitée un soir chez elle pour partager un repas qu’elle avait préparé, c’était vraiment très agréable ; un moment entre amies qui m’a permis de découvrir la cuisine albanaise.’’

Est- ce que vous recommanderiez, ou avez-vous déjà recommandé le programme Kodiko autour de vous ?

"Oui bien sûr, je le recommanderai ! C’est une belle expérience personnelle, et c’est tellement important que les gens s’investissent pour aider. On se rend bien compte, qu’avec l’aide qu’on apporte, ces personnes réfugiées arrivent à faire des choses qu’elles ne pourraient pas faire toutes seules, par manque de connaissances des codes, du niveau de langue, etc.”

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