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Le parcours professionnel de Mirfat à Orléans

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Mirfat est arrivée en France il y a trois ans, accompagnée de son mari et de ses deux enfants. Ils ont quitté la Syrie où leur sécurité n’était plus garantie. Leur arrivée est brutale ; ils se retrouvent placés dans un centre d'hébergement. Alors qu’elle et son mari occupaient des postes importants dans leur pays, - Mirfat enseignait les mathématiques à l’université et lui était ingénieur - le déclassement qu’ils subissent en France est violent d’autant plus qu’ils éprouvent certaines difficultés notamment dans la maîtrise du français.

"Quand je suis arrivée ici j’ai compris qu’il fallait recommencer de zéro. Je parle arabe et anglais mais je connaissais juste le mot "bonjour" en français. C’était très compliqué les gens ne nous comprennent pas et on se sent très isolé."

Viennent s’ajouter à ces problèmes de communication des difficultés de logement qui les contraignent à déménager cinq fois en trois mois. Cette situation les déstabilise grandement et les empêche de se projeter dans l’avenir.

“C’est très difficile de ne pas avoir de chez soi d’autant plus que tout est vraiment très différent de chez nous, même le climat, c’était difficile de s’habituer”.

Au bout d’un an, ils obtiennent le statut de réfugié ce qui permet de décanter leur situation. C’est d’abord l’occasion d’apprendre le français. Alors que la famille s’inscrit dans un institut de langue, ils trouvent dans le même temps un logement en HLM sur Orléans. C’est pour eux un soulagement d’avoir enfin un "chez soi". Durant l’un des cours de français, l’une des coordinatrices de l’institut parle de Kodiko à Mirfat. Intéressée, elle décide de s’inscrire au programme afin de mieux comprendre les démarches à effectuer afin de l’aider à trouver un emploi.

Son arrivée chez Kodiko permet à Mirfat de rompre son isolement et de s’engager dans une véritable aventure humaine où elle rencontre ce qui deviendra bien plus qu’un binôme et qu’elle qualifie "d’ange", Mireille. Cette dernière l’a notamment rassurée et encouragée dans sa recherche.

"Dès le premier RDV, je lui ai dit que j’éprouvais des difficultés au téléphone, elle m’a poussé à nous appeler chaque semaine pour dépasser cette barrière."

Elles sont très vite devenues amies. En parallèle, les ateliers permettent à Mirfat de refaire son CV et de mieux préparer ses entretiens de recrutement. Mireille la pousse à participer à des salons professionnels et c’est d’ailleurs sur l’un d’entre-eux, “2000 Emplois, 2000 sourires” qu’elle décroche dès le lendemain un poste à la mairie d’Orléans en tant qu’animatrice périscolaire, ainsi qu’un poste de vendeuse, tout deux en mi-temps. Son métier d’animatrice consiste à aider les élèves dans leurs devoirs mais lui permet surtout de retrouver un environnement proche de son domaine d’activité et de se renseigner davantage sur les modalités d’accès à l’enseignement. Si son contrat a pris fin pendant les vacances d’été, elle est d’ores et déjà reconduite pour la rentrée. Cependant, elle a reçu dans le même temps une proposition de CDI dans un restaurant, à temps-plein. Face à ce dilemme, la présence de Mireille et les discussions lui permettent de prendre du recul et de réfléchir aux différentes possibilités qui s’offrent à elle.

"J’étais un peu perdue. Mireille m’a beaucoup aidée. C’était la première fois que je travaillais et j’ai commencé trois postes en même temps. J’avais besoin d’une personne française pour m’aider. On a fait une réunion, on a pesé le pour et le contre, voir si j’avais tout compris et voir ce qui était le mieux pour moi . Prendre la décision toute seule c’était très difficile."

Elle va ainsi aménager son emploi du temps dans le restaurant pour pouvoir continuer son métier d’animatrice qui se "rapproche davantage de son vrai travail". Sa décision implique une lourde charge de travail. Mais Mirfat sait que ces sacrifices sont nécessaires pour être naturalisée et pouvoir passer le concours d'enseignant mais aussi rendre visite à ces parents à Dubai, car cela fait huit ans qu’elle elle ne les a pas vus. Le parcours de Mirfat montre toute l’abnégation dont doivent faire preuve les personnes réfugiées. Mais surtout, il démontre qu’avec un bon accompagnement et un courage sans faille, tout est possible.

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