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Une solidarité au-delà des frontières

Portrait de Jean-Michel, Salarié volontaire chez Kodiko par Lucas Mounoury

Travaillant dans une grande entreprise de tourisme internationale depuis 1977, Jean-Michel a été amené à voyager sur toute la surface du globe. De ses nombreuses expériences à l’étranger, il retient surtout la découverte de "nouvelles ressources et de nouvelles cultures". Encore aujourd'hui, il se sent porté par ce multiculturalisme qu’il définit comme un"mélange de personnes indépendamment de leur religion ou différences ethniques".

Or, il constate depuis quelques années une certaine méfiance vis-à-vis des migrants en France. Cela est due entre autre à une méconnaissance des différents statuts notamment celui de réfugié qui se traduit au final par "un blocage dès que l’on entend le mot étranger" .

Même s’il reconnaît que la situation n’est pas comparable, il pense, en tant que français ayant vécu à l’étranger, pouvoir mieux appréhender certains obstacles liés à la migration comme les difficultés à se faire comprendre ou à s’organiser.

Néanmoins, lors de ces voyages il a été marqué par l’hospitalité dont ont fait preuve les populations locales à son égard. Lorsqu'il a entendu parler de Kodiko au sein de son entreprise, il a non seulement vu un moyen de rendre ce qu’on avait pu lui donner mais aussi une occasion de cultiver toujours plus ses principes de tolérance et de solidarité. De par son vécu et son approche ouverte, il se sent légitime à parler de son expérience et à la partager à ceux qui ont besoin d’aide.

Cela fait maintenant deux ans que Jean Michel participe au programme de Kodiko. Très impliqué, il suit actuellement une deuxième personne réfugiée. En tant que salarié volontaire, il se définit comme un intermédiaire entre le monde du travail et les bénéficiaires.

Le déclassement vécu par les personnes réfugiées et la frustration qu’il peut engendrer est l’une des principales difficultés qu’il a rencontrée. Face à cela, il prône"un langage de vérité".

Il est là pour les aider, leur faire prendre conscience de ce qui est possible ou non et de la manière dont fonctionne le marché du travail en France. Son rôle est donc d'essayer de trouver le bon équilibre entre ce qu’ils souhaitent et ce qui est possible de faire en fonction de leur parcours. Même si cela prend parfois du temps, le plus important est avant tout de leur redonner confiance en leur permettant de se projeter dans l’avenir à travers la mise en place d'un plan d’action. Cela passe par la transmission de "bonnes clés" afin de mieux préparer un entretien ou encore de réaliser des recherches d’emploi plus pertinentes. Il essaie également, de par son expérience et ses relations, de leur créer un réseau facilitant leurs démarches. Cependant, s’il souligne l’intérêt de les accompagner il insiste néanmoins sur le fait qu’il ne faut pas faire à leur place au risque d’être contre-productif.

"Ce qu’ils cherchent à travers moi c’est pas des solutions toutes faites mais des éléments sur lesquels ils peuvent s’appuyer."

Plus que de vouloir démontrer que les personnes réfugiées sont une richesse pour notre pays, il veut donner la possibilité à ces derniers de le prouver à eux-mêmes.

Travaillant dans une entreprise "ouverte à tous le monde, comprenant 15 à 25 nationalités différentes", il veut témoigner de la chance que constitue ce brassage culturel dont il a lui même bénéficié durant sa carrière. Il assure que leur insertion professionnelle représente une richesse car les réfugiés apportent un "regard neuf, des réactions et des expériences différentes" qui se manifestent au final par une plus-value au sein de l’entreprise. Cette richesse fruit des migrations et dont Kodiko veut se faire le relais, Jean-Michel la perçoit à travers sa relation avec ses binômes. Loin d’une relation paternaliste, Kodiko permet au contraire "une construction à deux, et même un échange qui met en valeur la dimension humaine". Sur invitation de son ancien binôme, il a, par exemple, assisté à une exposition afghane. En plus de valoriser le bénéficiaire, ce type d'événement constitue pour lui un "enrichissement personnel" car il favorise une ouverture d'esprit et culturelle. Plus globalement, il estime important de dépasser le cadre des rendez-vous ponctuels et formels, puisque ça lui permet d’aller à la rencontre d’autres personnes et cultures et même de "redonner du sens à sa vie". C’est d’autant plus pertinent que ça lui offre un nouveau regard sur le monde.

Son engagement chez Kodiko s’explique donc non seulement par sa volonté de les aider à refaire leur vie dans les meilleures conditions mais aussi par son souhait de démontrer que les réfugiés de par leur vécu ont quelque chose à nous apporter.

Selon lui, le programme au delà d’aider les personnes réfugiées a "le mérite de casser les barrières et d’enlever des généralités qui n’ont pas besoin d’être".

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