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Elaaf, promo #5 Albert Einstein, Paris

Témoignage écrit par ElaafAlkadah & Clémence Lepape

· Nos bénéficiaires

Au début de la révolution syrienne en 2011, j’ai décidé de quitter mon travail dans les médias et de rompre mon contrat sportif avec l’Etat syrien à cause du régime en place. Les forces armées et les forces de sécurité avaient commencé à tuer les manifestants, notamment dans ma ville (Darra – le sud de la Syrie). Le 17 septembre 2011, je suis parti en Jordanie. J’y ai vécu pendant 5 ans, en travaillant avec certains médias (télé - radio- journal et site de presse) d’opposition syrienne, dans le but d’exposer les crimes du régime et de son armée contre les civils syriens. Les massacres du régime et de ses alliés s’intensifiaient, sans aucun effort réel de la communauté internationale pour les arrêter.

-Le 16 septembre 2013, j’ai ainsi décidé de revenir en Syrie afin de bien couvrir ces massacres sur le terrain en tant que reporter de guerre.

En moins d’un mois, l’aviation du régime a commencé à frapper notre équipe de travail médiatique de manière ciblée. Dans ces conditions très graves, nous devions protéger nos âmes et nous sommes alors repartis en Jordanie encore une fois.Ensuite, j’ai continué mon travail là-bas jusqu’en 2015, puis j’ai été choisi pour devenir le directeur d’Organisation Syrienne pour les Médias avec laquelle j’ai travaillé jusqu’en août 2016. Mais j’ai eu des empêchements pour continuer mon travail car les responsables financiers m’ont demandé de changer la politique éditoriale. Après avoir refusé leur commande, j’ai été arrêté et emprisonné par les forces jordaniennes. Grâce à Reporters Sans Frontières et à l’aide du ministère extérieur français, j’ai pu sortir de prison et j’ai reçu un visa pour venir en France...

-Quand je suis arrivé en France comme réfugié politique, j’étais vraiment perdu. J’avais peur de ne pas réussir à m’intégrer dans une société étrangère et d’apprendre une langue que je ne maîtrisais pas du tout.

En tant qu’ancien journaliste, retrouver un emploi dans le domaine médiatique français ne signifiait pas seulement parler français mais « avoir la langue ». C’est alors un défi supplémentaire à ma situation puisque je suis resté 1 an et 9 mois en attendant la décision de l’OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et des Apatrides). Pendant ce temps-là, je n’avais pas le droit de travailler et cela m’a empêché de chercher une solution. Je ne pouvais rien faire d’autre en France mais j’ai continué à travailler en freelance pour des médias arabes. Par la suite, ma vie a changé. D’abord, grâce à Paris 8, j’ai pu acquérir un certain niveau de la langue française et j’ai continué mes études dans le master 1 communication-information. Ensuite, j’ai connu Kodiko grâce à un ami qui avait fait la promotion numéro 4. Il m’a encouragé à m’inscrire avec lui et m’a décrit les employés de Kodiko comme des guides qui pourraient m’aider à comprendre les codes du travail. Je me suis inscris et j’ai été accepté pour la promotion numéro 5. Grâce à l’équipe de Kodiko et grâce aux ateliers avec ses bénévoles, je suis aujourd’hui capable de faire toutes les démarches nécessaires afin d’avoir un travail en France. En effet, j’ai rencontré deux salariés, Fadoua et Stefan qui travaillent chez BETC. Ils m’ont beaucoup aidé pour corriger mon cv, créer des bonnes lettres de motivation, trouver des offres de travail, m’entraîner pour un entretien d’embauche, développer mes réseaux personnels et professionnels.

-Grâce à eux, je suis prêt actuellement à entrer sur le marché du travail français, si j’ai une bonne occasion. ​

Le journalisme reste ma passion, et en attendant de trouver un travail dans la presse, j’ai commencé à postuler à des offres d’emploi, je donne des cours de langue arabe à des enfants et je continue mon combat pour la Syrie comme journaliste freelance dans les médias arabes.

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