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"Il faut donner sa chance à tout le monde et permettre à chacun de trouver sa place dans notre société."

Portrait de Philippe Desmoucelle, koach & konnecteur

· Nos bénévoles

Philippe Desmoucelle est formateur, coach et consultant. Chimiste de formation, il a été gestionnaire de formation puis directeur d’une agence d’interim avant de fonder son entreprise de coaching puis d’intégrer Delta&Co.
Philippe intervient pour Kodiko en tant que Koach bénévole et Konnecteur, à Orléans.

- Comment avez-vous entendu parlé de Kodiko ?
 
J’ai connu Kodiko par l’intermédiaire de Claire Chevalier de la société Delta Conseil RH, qui avait été sollicitée par Kodiko pour la mise en place de l’association à Orléans, pour intervenir sur les ateliers. Elle m’a demandé de prendre le relais, d’animer des ateliers. Je ne connaissais pas Kodiko auparavant.

Etes-vous ou avez-vous déjà été bénévole ?

Je suis bénévole depuis quatre ans maintenant pour d’autres missions notamment la Mission locale de l’Orléanais, au CREPI, pour l’association “2000 emplois, 2000 sourires”, là j’interviens tant sur des formations que pour du parrainage. Cela représente entre 15% et 20% de mon temps par mois.

- Pourquoi s'engager ?

Je pense que les grandes paroles, ça va bien, mais il y a un moment où il faut passer à l’action ! Il faut donner sa chance à tout le monde et permettre à chacun de trouver sa place dans notre société. Parfois les parcours ne sont pas faciles, on a rencontré des difficultés ou des accidents de la vie... je suis aujourd’hui un fervent acteur du bénévolat parce que pour moi, ça a du sens : j’ai eu la chance de vivre dans une famille bien aimante, dans un pays qui permet de se réaliser, j’ai eu beaucoup de chances et d’opportunités qui m’ont permis de rencontrer des gens qui m’ont donné de leur temps, de l’énergie et c’est vrai qu’aujourd’hui, en fait, j’ai envie de faire la même chose pour des personnes qui en ont besoin.

- Pourquoi, en plus de l’animation des ateliers, avoir demandé à devenir konnecteur ?

Mon parcours professionnel est très lié à ce sujet ; j’ai travaillé dans le secteur de la recherche d’emploi, dans un centre de formation d’apprentis, j’ai été responsable d’agence de travail temporaire, recruteur, je suis commercial, j’ai donc un réseau professionnel assez développé. Ce qui m’a intéressé, avec Kodiko, c’est de passer à l’action et puis de pouvoir faire profiter de tout ce réseau mais également de ma posture de coach aux bénéficiaires ainsi qu’aux salariés volontaires. C’est une façon de fournir des outils ou d’aider aux questionnements et permettre à ces personnes d’avancer, quelles que soient leurs fonctions ; bénéficiaire recherchant un emploi ou salarié d’entreprise qui accompagne pour la première fois quelqu'un. J’aime rendre service et pouvoir me dire que je peux trouver des solutions pour aider ceux qui n’ont pas le temps ou ne savent pas faire.

- Quel premier bilan faites-vous de cette expérience ?


Pour être assez franc, j’aime beaucoup la première rencontre entre ces gens qui commencent à se parler ; la phase de découverte des binômes où chacun doit se livrer et où l’on ne sait pas si l’on doit faire confiance ou non, quand on a des doutes et qu’on ne sait pas si l’on doit parler de ce que l’on ressent… apprendre à se livrer finalement. C’est beaucoup de questionnements, ma posture de coach aujourd’hui me permet d’aller un peu plus en profondeur, d’essayer de mettre en confiance pour que chacun puisse trouver sa place dans la relation. Ce que je note, c’est qu’il y a un énorme souhait de faire de son mieux pour que ça marche, d’être performant, de montrer son meilleur visage, enfin c’est assez étonnant et je trouve ça humainement super intense.

Même pendant les ateliers, les bénéficiaires sont des gens qui parfois commencent à se livrer parce qu’ils comprennent qu’ils peuvent avoir confiance, ils peuvent nous parler de leurs expériences. Moi ça me fait grandir parce que ça me remet à ma place.

- En quoi consiste votre mission de konnecteur ?

Je fais au plus simple, je pose la question aux personnes que j’accompagne : “Quel est votre besoin par rapport à ma présence ? Est-ce que vous souhaitez que je sois présent sur l’ensemble des rendez-vous ?”. De toute façon, je m’éclipse toujours pendant l’entretien après avoir fait un point général sur d'éventuelles difficultés rencontrées, des choses à retravailler. En fait, certains binômes me demandent d’être présent tout le temps, d’autres ont commencé sans moi mais me demandent désormais d’être présent, d’autres avec qui j’ai commencé, n’ont plus besoin de moi … ils savent que s’ils ont une question sur une formation, des documents, besoin d’aller chercher de l’information, une association, ils peuvent m’appeler. Donc c’est vraiment “binôme-dépendant” en fait, “à la carte” !

- Et votre mission de koach ?

Je suis intervenu sur l’atelier “Mieux connaître ses forces pour rebondir professionnellement”. Il s’agit de partir des atouts, valeurs, talents et réussites de chacun et non des compétences, pour retravailler son image et son estime de soi… ces gens ont un déficit de leur image personnelle, il faut retravailler cela et leur donner quelques outils aussi. Et puis on demande à chacun de faire un “vision board” afin de se projeter et d’illustrer sa vie professionnelle idéale dans neuf mois, à l’aide de collages et d’écrits. Chacun doit y mettre sa patte.
Je m’occupe aussi de l’animation de l’atelier “CV”. Pour avoir déjà organisé ce type d’ateliers, je me rends compte que l’on ne peut pas faire du général. Donc avec Cyrielle (cheffe de projet Kodiko à Orléans), on va organiser une session composée de bénévoles qui accompagneront chacun deux bénéficiaires avec pour objectif de travailler sur chaque CV, au cas par cas, en fonction des besoins. Ce sera beaucoup plus productif.

L’enjeu de ces ateliers est de montrer aux bénéficiaires que, dans sa recherche d’emploi, ce que l’on faisait avant, dans son pays d’origine et bien ce n’est désormais plus la norme. On change leur cadre et nous devons leur donner de nouvelles bases.

J’approuve la démarche de Kodiko, qui est cadrée, structurée et qui permet de montrer une évolution des bénéficiaires et de grandir grâce à des choses factuelles.

- Une anecdote à nous partager ?

Ce qui m’a vraiment étonné et ce dont les bénéficiaires ont parlé c’est qu’ils ont beaucoup de respect pour ce qu’il se passe… l’image qu’ils avaient de la France et des Français
quand ils étaient dans leurs pays et l’image qu’ils en ont maintenant, on en a beaucoup discuté… ils ont une vision très respectueuse et disent “J’ai la chance que le gouvernement français ou qu’une association comme Kodiko puissent m’aider.” C’est humainement très intense pour moi de les voir essayer de trouver leur place.

- Si vous deviez convaincre un proche de devenir bénévole pour Kodiko, que lui diriez-vous ?

La première chose que je dis à tout le monde, c’est qu’on ne fait pas du bénévolat comme ça, juste parce que c’est gratifiant. C’est pas ça. La démarche du bénévolat, elle vient du coeur. Je pense que c’est une démarche personnelle, qui demande de l’investissement, qui nécessite de la bienveillance. Je veux être un acteur pour permettre à ces gens d’atteindre leurs objectifs et réussir leurs projets. Si on le fait juste pour soi, ça ne fonctionnera pas.
Je trouve que l’équipe Kodiko, Cyrielle notamment, s’investit beaucoup. Ca m’alimente moi, en tant qu’humain, ça me remet sur terre.

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