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Christiane, promo Nadia Murad, Tours

Par Clémence Lepape

· Nos bénéficiaires

« Si j’explique mon parcours, on me dira : pourquoi tu as encore le sourire sur tes lèvres ? Je répondrai parce que je me bats. Mon fils, ado, me dit « ne te préoccupe pas de moi, on a besoin de toi »

C’est ainsi que l’esprit de Christiane se concentre sur un nouveau combat en Europe et plus spécifiquement à Tours après avoir dû quitter le Burundi subitement. Son pays natal traversant une grave crise politique teintée de manipulation ethnique, son mari est assassiné à cause de son activité politique. La famille entière est menacée d’être exterminée. Christiane doit alors fuir, faute d’avoir un autre choix. Après avoir connu plusieurs pays de transit (le Rwanda puis l’Afrique du Sud), Christiane et sa famille obtiennent un visa pour le Brésil. En elle, elle pensait rester au Brésil pour sauver sa peau. Elle pensait que ses capacités linguistiques en français, en anglais, en swahili et en kirundi suffiraient mais au Brésil, parler portugais restait la plus grande difficulté. Après avoir passé plusieurs jours dans un hôtel, elle rencontre une personne swahiliphone qui lui indique que la Guyane, pays voisin, est un territoire francophone qui pourra lui permettre de trouver (peut-être) une issue de secours. Emprisonnée pendant trois jours pour
être arrivée illégalement sur cet espace, Christiane reste confiante. « Au moins, on se comprenait et j’avais un journal avec moi avec toute mon histoire ». Les autorités ont alors compris la délicatesse du dossier et ont accepté de la laisser passer jusqu’à Cayenne (là où se trouve l’administration centrale).

Dehors, sous la pluie et sous un toit, pendant plusieurs jours, Christiane et sa famille sont finalement pris en charge par le 115 et la Croix Rouge. Un hébergement à l’évêché leur est ainsi trouvé pour quatre mois et c’est cette main tendue qui va permettre à Christiane de regagner la France métropolitaine et de s’installer à Tours, ville natale de l’évêque de Cayenne.
L’arrivée est difficile, Christiane doit alors trouver une école pour ses enfants et réaliser toutes les démarches administratives. Changer de culture également est un défi. « Ici chacun est dans son coin, on ne peut pas vraiment parler aux autres ou toquer chez son voisin pour du sel par exemple ». Malgré tout, Christiane apprécie sa vie à Tours, où l’on respire de l’air, contrairement à Paris. Aujourd’hui, elle a trouvé un écho grâce à Kodiko.

« Savoir que l’on peut appeler Kodiko est un soulagement, ils essayent de nous aider, nous montrent la piste et c’est à nous de nous battre »

Kodiko a le cœur d’aider selon Christiane. L’association permet déjà de sortir de la maison et de ne pas rester isolés mais aussi de s’approprier différentes choses : les démarches, les droits, la réalisation du CV, l’entretien d’embauche. Sortir de la maison c’est aussi rencontrer et vivre avec d’autres personnes de différentes origines et différentes nationalités. On découvre alors d’autres langues et de nouveaux amis. Kodiko sait montrer par quel moyen passer pour arriver à la recherche d’emploi. Les salariés sont à l’écoute et permettent de faire le point toutes les deux semaines. Christiane prend conscience de cette chance : « simplement discuter et avoir quelqu’un qui t’écoute et t’accompagne, c’est déjà beaucoup ». Elle voit ainsi que si elle a un projet en tête, elle peut leur soumettre et voir s’il est réalisable. Grâce à eux, elle peut aussi tout simplement essayer de trouver ce qu’elle souhaite faire. En effet, le combat de Christiane est long. Ancienne secrétaire administrative dans une société d’eau et d’électricité pendant 15 ans à Bujumbura
(capitale du Burundi), trouver un emploi en France en tant qu’agent administratif est complexe. Mais elle ne baisse pas les bras, elle se laisse quelques mois en déposant sa candidature et envisage, dans le cas contraire, une reconversion professionnelle avec une formation qualifiante diplômante. Et si sa motivation ne flanche pas, c’est parce que le soutien de Kodiko lui permet de garder la foi.

« Avec Kodiko, j’ai pu voir qu’on pouvait travailler et avancer ensemble ».

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